Carnets de voyage

20 août 2010

"Aujourd’hui nous avons traversé les plaines et collines qui séparent cinq villages où se déroulent les projets de Norlha.

Pas de route la plupart du temps, le cahot des chemins en terre et en pierre… 13 heures de route. Mais le coucher de soleil sur la rivière Dzachu, (qui plus bas s’appellera *Mekong*) fait oublier les petites peines.

Les cinq serres construites le mois passé commencent à être cultivées. Une première dans ces villages traditionnellement nomades, mais où la population se sédentarise de plus en plus. Les habitants locaux manquent d’expérience, alors nous mettons en place une formation agricole. Nous espérons que ces exemples feront des émules, puisque les légumes sont rares et très appréciés, mais cette petite révolution des habitudes demande un temps d’adaptation des mentalités et des convictions.

Nous visitons trois écoles soutenues par Norlha, puis une quatrième qui le sera bientôt.

Ces nouveaux projets, et plusieurs autres aussi, sont très encourageants. Non seulement car ils sont initiés et portés par la détermination de leaders locaux, mais aussi parce qu’ils permettent d’avoir un réel impact sur la qualité de vie à long terme, avec des moyens financiers modestes. Dans plusieurs villages, les profs sont bénévoles par manque de moyens financiers, par conviction de l’importance de l’éducation. Ecole gratuite, sans soutien gouvernemental, presque un acte de foi. Foi en l’éducation et immense cadeau aux jeunes générations !

Les parents se mobilisent pour acheter un local scolaire, alors que le revenu moyen dans la région est de 40$ par mois (et encore, dans ces villages reculés, on est largement en dessous de cette moyenne !).
Voila ces quelques impressions très réjouissantes des projets et de la région.

Au contact des habitants locaux, en voyant leurs difficultés, seule leur force et leur courage, la douceur et leur foi aide à surpasser la douleur, pour garder l’espoir."


2 septembre 2010


"Encore quelques jours à Sershul. Le Tibet à deux visages, qui me surprennent encore à chaque instant. Tibet qui sourit, Tibet qui grimace. Qui enchante et qui peine.

Santé vacillante, enfants fiévreux, paysages dévisagés par les déchets, misère matérielle, illettrisme, obstacles administratifs, autant de misères qui défient le sourire et la foi qui paraissent inébranlables comme la tradition dans laquelle ils s’ancrent.

Tibet dur, Tibet si doux, climat extrême, manque de confort, manque de tout mais besoin de si peu. Tout est là.

Quel choc entre tradition et modernité. La modernité dans ses aspects les plus scintillants et insensés. Paillettes et vernis. La tradition reste de bois, drapeaux colorés, éternels.

Quant à nous, tout au mieux pouvons-nous agir à petite échelle humaine, petits projets qui rendent une étincelle d’espoir, mais aussi d’échange. En croyant apporter, on reçoit et emporte en fait beaucoup plus. Comment le leur rendre ?"

2009

Récit de voyage


Juin 2006

TIBET | CARNET DE VOYAGE

Projet de construction d'une école à Tseboum Soumdo

Dans le cadre des activités de l'Association d'Aide Humanitaire aux Tibétains, trois membres de l’association sont partis au Tibet au mois de juin dernier. L’objectif était de faire un inventaire des besoins et ressources de la population locale dans le but de construire une école pouvant accueillir 100 enfants, en majorité des orphelins dans la région de Dzachukha à l’Est du Tibet (Kham).

En effet dans cette région très reculée du Tibet la situation est très précaire tant au niveau de la santé, de l’économie que de l’éducation de base et nombre d’enfants n’ont aucun accès à une scolarisation de base qui leur permettrait tout simplement d’apprendre à lire et à écrire.

Malgré les efforts du gouvernement pour «amener l’eau et l’électricité» nous avons été extrêmement touchées par les conditions de vie et le dénuement quasi total de la population de Tséboum Soumdo, le village où sera construite l’école. Des habitants, en majeure partie nomades, survivent sans soins médicaux, sans hygiène et parfois sans nourriture…huit mois d’hiver par année…

Dans une telle situation, il nous a été bien difficile de donner une priorité à l’aide que nous souhaitons fournir à la population, le projet s’établira donc autour de deux axes prioritaires dont le premier volet sera la construction de l’école pour les enfants de la vallée, et se divisera en plusieurs parties dont la première sera l’aménagement d’un dortoir et d’une cuisine (pour en savoir plus un dossier détaillé est disponible avec tous les détails, le budget, etc…). Par la suite une clinique sera intégrée à l’école afin de garantir dans un premier temps des soins médicaux de base aux enfants et à leur famille.

De ce voyage nous gardons la ferme intention de tenir les promesses faites à cette population car ne pas honorer nos engagements serait apporter encore plus de peine à des gens qui ont déjà trop souffert, c’est pour quoi chaque don sera intégralement reversé aux enfants afin qu’ils puissent simplement espérer un avenir plus radieux.

Association Norlha d'aide aux Tibétains, été 2006